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Encore une journée magnifique en prévision. La météo est extraordinaire et les paysages sont toujours aussi resplendissants.

Mais avancées par notre surplut d’énergie d’hier, nous somme arrivées au point d’étape de Sneem vers midi. Décidons donc de faire l’étape de demain aujourd’hui, enfin, on fera certainement une partie à pieds, et l’autre en stop.

Ahah! Que ne nous arriva-t-il pas?! (Je ne sais pas si c’est vraiment français tout ca!)

La rando se déroula a merveille et nous étions convaincues que notre malchance c’était évaporée lorsqu’une jolie bourgeoise dans une Jaguar bleue s’arrêta pour nous prendre en stop.

La jolie bourgeoise s’avéra être un hollandaise rentrant du golf. Nous étions quelques peu mal a l’aise par notre odeur noséabonde après nos deux jours de rando sous le soleil brulant avec nos 20kg sur le dos, mais peu nous importait, car notre jolie bourgeoise nous emmenerais jusqu’au bout de notre étape…

Du moins, c’est ce que nous pensions, lorsque la voiture s’arreta nette, au milieu d’une route étroite. Un peu déconfite devant la situation, je sors le déodorant que j’avais prévu en cas d’un autostoppeur qui se serrait avéré dangereux et je prépare mon doigt à l’activation de l’aérosol.

C’est alors que la jolie bourgeoise commence à lancer des jurons en hollandais!
“Arrrrg, iche jlgjfkdrjsgrdgvjhgyutdrhhklbkf!”  – I HATE when my husband does that!

J’ose un “What?” qui me sortirait peut être de cette grande nébuleuse dans laquelle je me trouve actuellement et la dame du pays des tulipes et moulins en folie nous dit “He leaves me without gaz in my car!”

Et M*****! C’est pas vrai, qu’a-t-on donc fait au ciel pour se retrouver en panne en autostop!?

C’est alors que la jolie bourgeoise s’est retrouvée elle même a faire du stop jusqu’au village voisin pour récuperrer de l’essence alors que Flora et moi étions en charge de sa Jaguar.

C’est ainsi que Flora et moi nous sommes retrouvées coincées sur une route microscopique à faire la circulation en attendant le retour de la propriétaire du véhicule.

 

 

 

 

 

 

 

Durant les deux heures qui ont suivies, Flo et moi nous sommes imaginées que la jolie bourgeoise, en remerciement de notre dévouement, nous proposerait de dormir dans sa belle demeure.
-”Je vous en prie mesdmoiselles, prenez un jacuzzi et un cocktail et n’hésitez pas à vous sécher dans le sauna – Voila, je vous ai fait préparé une tartiflette par notre cuisinière et vous pourrez dormir dans la suite n°12. Vous verrez, le matelat à eau est très confortable!”

Ah, la voila qui reviens avec son mari et un bidon!

Jaguar regazolinée, nous attendons patiemment l’invitation de la jolie bourgeoise. Mais la cruelle hollandaise nous proposa seulement de nous déposer à l’auberge de jeunesse de Kenmare!

Bilan J4:

Arrivées au beau milieu de nulle part, quelques habitations perdues au milieu de la campagne Irish.

A la recherche d’un terrain viable, nous parcourons les champs un à un. Imaginant tous les scénarios possible de vent/tempête/neige/pluie, nous arrétons notre choix sur un terrain de foot. (bin pourquoi pas? c’est bien plat!)

Une voiture. On court l’arrêter à l’aide de grands signes de détresse pour lui demander simplement si ce terrain de foot était public et s’il pensait que nous pouvions y passer la nuit. Un grand gayard nous répond qu’il a un champ dans lequel il se ferait une joie de nous accueillir!

Bingo!

Un p’tit tour de champ pour repérer quel est le meilleur endroit pour planter la tente. Parfait, un coin de champ, protégées du vent par un muret et protégées de la pluie sous un grand arbre. Bon, le terrain est un peu en pente, mais ca ne devrait pas déranger beaucoup. Nous prenons tout notre temps pour planter la tente et comprenons finalement comment la monter dans le bon sens!

Toutes fières de notre travail, achevé vers 7h30, nous décidons de partir faire un “tour de village”, a la recherche de conneries a faire!

Quand soudain, un bruit de scie se fait entendre au loin. Nous cherchons du regard d’ou provient ce bruit étrange.
-”La-bas! Un homme, dans le cimetière!”
Dans un vieux cimetière datant du 15ème siècle, un homme aux cheveux grisonnant était agenouillé auprès d’une tombe celtique.
Des scénarios incroyables se mettent en place dans notre cerveau à l’imagination débordante: Soit cet homme est un pilleur de tombes à la recherche des bijoux du roi celte enterré là il y a plus de 500 ans, soit c’est un aventurier à la quête d’un livre sacré dévoilant un changement imminent de la face du monde et de l’humanité.

Toujours palpitées par l’excitation d’une nouvelle aventure, nous décidons de nous approcher à nos risques et périls.

A notre entrée dans le cimetière, la portail grince. L’homme sursaute et se tourne vers nous:
-”Who are you?”
Et après quelques présentations, notre aventurier pilleur s’est révélé être un restaurateur de tombes! Bin ça alors, c’était donc ça le bruit de la scie!

Un peu déçue de revenir bredouille, nous décidons de retourner nous terrer dans “La tente miracle”.

Ah oui, effectivement, le terrain est quand même bien en pente! Toutes les 10 minutes, le sang, agglutiné dans mes orteils et mes doigts me paralysait les membres. Une seule solution, lever les bras et les jambes dans une position perpendiculaire au sol pendant une dizaine de secondes. Pas très pratique d’être réveillée toutes les heures par des milliards de petites fourmis courant partout dans mes bras et jambes…

Et puis, dans un demi-sommeil, vers 4h du matin – alors que j’avais pris le rythme 1h de sommeil, dix secondes de circulation sanguine et ainsi de suite – je fus tirée de mon rêve (dans lequel j’étais devenue manchote et cul de jatte), par un bruit étrange.

“Clong, clong, clong” “Snif snif”
Je regarde Flo, la pro de la rando, et nous échangeons un regard plein d’angoisse.

…………………..
“Meuhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!”
Nous explosons de rire, et rassurées, nous replongeons dans notre semi-sommeil.

Deux heures plus tard, un mouton égaré (bien évidemment effrayé par la présence de cet Objet Non-Identifié dans son territoire) s’est mis a beugler une heure durant!

“Beahhhhhhhhh”

Et merde! encore une super nuit! Ras le bol de la tente je pose mon véto, demain, on dort en auberge de jeunesse quoi qu’en dise Flo, la pro d’la rando!

Bilan N3:

 

 

 

Et on marche, et on marche…. et plus rien ne nous arrête. Nous sommes des rangers, et nous avons survécu!

Chaussures dans la boue glissante et sac toujours aussi lourd, nous nous hissons au somment de hautes montagnes sans relâche (230m de dénivelé tout de même ^^).

Nous traversons les champs de moutons/vaches/chevaux/poules à l’aide de petites échelles sur les clotures, pas toujours rassurées par les panneaux indicatifs et l’état du chemin.

Mais les paysages sont si beaux et le soleil brille tellement que nous ne prenons pas de répis et arrivée a l’étape prévue, nous décidons de continuer envers et contre tout.

Et nous marchons…. Jusqu’au doigt de Flora!

Bilan J3:

Quand même, on a compris la leçon! Et puis on l’a bien mérité ce petit B&B en bord de mer.

Séchage de vêtements, douches et petit dèj’ irlandais… (bacon, oeufs, toasts, cheddar, tomates et Cie.)

Et nous voila requinquées, armées et prêtes à randonner comme jamais!

Flo, la pro d'la rando

Il s’avéra que cette journée était beaucoup moins difficile que la première!

8h, la pluie se calme légèrement. Flo, la pro de la rando, me prodigue ses conseils
-”Tu sais, pendant qu’il pleut un peu moins, on devrait sortir, plier la tente et repartir avant de se prendre une autre tempête dessus”
Mon corps me dit
- “NONNNN, tu ne peux pas te lever pour marcher, je suis si fatigué”
- “et pourtant, il le faut” répondit ma tête.
Et mon corps se résolu, se leva, enfourna l’énorme sac sur son dos et enclencha sa mise en marche. J’oubliais toutes sensations corporelles, et avançait pas a pas, si douloureusement… en visualisant le bus qui me transporterait jusqu’a un point bien avancé de notre randonée.

Sur le chemin du retour, les dégats de la tempête nous laissaient entrevoir ce qui c’était déroulé alors que nous étions confinées dans notre toile de tente. Les routes traversées la veille étaient à présent innondées, les arbres arrachés et les barrières déchiquetées.

 
 

 

 

 

 

 

 

Le fait de savoir comment notre habitacle de fortune a resisté à cette tempête restera à jamais un mystère. A partir de ce moment, nous l’avons baptisé

- La tente miracle -

Et puis nous sommes finalement arrivées (de nouveau) a Killarney. Retour a la case départ, mais plan en tête pour rattraper notre retard.

Effectivement, ce n’était qu’à 2h de marche! Bin, quand on connait le chemin, forcément!

Attente du bus a la gare de Killarney – destination Waterville.

Ahhh, comme ça fait du bien de voir tous ces kilomètres parcourus si rapidement…

 

 

 

 

 

 

Waterville: Petite bourgade en bord de mer, située à la pointe de l’Irlande. Garnie de maisons multicolores aux habitants incroyablement gentils (à l’accent un peu étrange).

 

 

 

 

 

Les vagues s’agitent et le vent souffle dehors alors que nous tentons de récupérer un peu des émotions de la veille sur les sofas du Peter’s Café. Thé et patisseries maisons!

 

Bilan J2:

Aussitôt la tente “montée”, disont plutôt assemblée tant bien que mal, je m’effondre sur mon tapis de sol, trempé par la pluie!

J’entends Flora, à côté de moi qui se demande ce qu’elle va bien pouvoir faire en attendant qu’une heure raisonnable pour dormir arrive, la pauvre, a 6h, nous étions bloquées dans la tente, la tempête sévissant a l’extérieur.

Une heure plus tard, j’ai rassemblé assez d’énergie pour tenter d’enfiler un semblant de pyjama, je glisse dans mon sac de couchage et me prépare a dormir comme une masse. Mais chaque minute qui passe, le vent souffle de plus en plus jusqu’a ce que d’immenses bourrasques vienent secouer la tente. Flora et moi échangeons des regards appeurés. J’ai si froid et j’annonce a Flora mon sentiment de mort prématurée.

“Flora, je pense que je vais mourir cette nuit!” A lire, c’est peut être risible, mais ça faisait trois bons quarts d’heures que mes dents claquaient, enveloppée dans mon sac de couchage et que j’apréhendais l’envolée de la toile de tente.

Alors c’etait pour ça les sardines! Tenir la toile de tente au sol en cas de tempête! Merde!

Flora se dévoue finalement pour aller faire une nouvelle tentative de plentage de sardines (eh! j’étais en train de mourir, c’étais la moindre des choses quand même! ^^)

Soudain, Flora, comme si nous vivions sur une île déserte depuis quelques décennies me crie
-”Claudia, Claudia, y’a des randonneurs!”.
Et là, une lueur s’est allumée dans mon coeur, l’espoir de la survie renaissait en moi comme une naufragée qui aperçevait un bateau.
-”Demande leurs ou ils vont!”
-”Ils retournent a Killarney”
-”Demande leur pour combien de temps on en a pour rejoindre Killarney”
-”2h”
-”2h?”

Quelqu’un peut-t-il m’expliquer comment ça se fait que nous, on a mis 5h pour arriver là?!

A ce moment là, Flora et moi avons entamé une longue periode de réflexion intense sur le devenir de notre rando… Congelée et immobilisée par le froid, la pluie et la tempête qui sévissait, j’ai posé mes conditions:
-”Flo, je veux bien me motiver pour retourner a Killarney tout de suite, mais je te préviens, si on rentre maintenant, demain je prends le premier train pour retourner a Dublin!”

Désespérée d’avoir fait le trajet France-Irlande pour une rando qui était sur le point de s’achever, Flo, la pro d’la rando, courageuse et vaillante me dit: 
-”Non Claudia, on VA y arriver! Tu PEUX le faire! Aller, on passe la nuit la et demain, on dort dans un lit confortable!”

Mais la nuit ne fut pas d’un grand repos! Les heures s’écoulaient si lentement et nous n’avions qu’une hate, que la pluie s’arrête de tomber sur la tente pour qu’enfin, nous puissions fermer l’oeil.

Vers deux heures du matin, mon corps ayant brulé environ cinq cent milles calories pour me réchauffer, se manifesta pour recharger son stock… Mon estomac crait famine!
-”Flo, tu dors?
- Bien sur que non!!
- T’as faim?
- Oh ouaiiiii!”
Et c’est ainsi que le pic-nic nuptial commenca… Gâteaux et fruits secs a gogo, festin!

Lorsque notre espoir de voir la pluie s’arreter s’était envolé, nous attendions désesperement le lever du soleil pour plier bagage…

 

Le Plan: Dès le lever du soleil, on plie bagage et on retourne a Killarney. De là, nous prendrons un bus qui nous fera ratrapper le retard perdu par nos mésaventures!

Bilan N1:

Levées 5h, pour partir de Dublin en Train – Course poursuite dans O’Connell street pour monter dans le tram, bouré à craquer de jeunes (et de moins jeunes) cadres blazés par un nouveau lundi matin. Mais en bonnes rangers aventurières, ma compagnone de route et moi même compressons nos énormes sacs dos, rentrons le ventre et hop, en route pour la gare.

Destination “Killarney”. Arrivée a 13h, on descend du train et, sorties de la gare, nous nous aperçevons que nous n’avons aucune idée de la direction a prendre pour aller au point de départ de la rando. Après avoir tourné en rond pendant une bonne heure dans la ville de Killarney, nous decidons de nous rassasier! Bin ouai, se perdre, ça creuse!

Finalement, on trouve la route grâce à un panneau indicatif. Seulement, un bon quart d’heure plus tard, une petite consultation de ma boussole m’indique qu’on marche vraiment dans la direction opposée a celle qu’on aurait du prendre! Alleeeeer, demi tour! Ca commence bien! Repassant devant le panneau indicatif, on se rend compte que les irlandais sont un peu tordus et qu’en fait, suivre les panneaux, ca n’a pas de sens!

Déja 15h et on a toujours pas trouvé le point de départ de la rando.

Petite parenthèse, la rando dans laquelle nous nous sommes engagées s’appelle le Kerry-Way. L’etape n°1, 22km était censé être faite en un temps reccord pour nous, qui ne disposions que d’une demi journée! Pleine de confiance, motivée, comptant sur ma jeunesse et mes muscles bien reposés qui n’ont pas fait de sport depuis…… (ouffff, je ne compte même plus) et sur conseils de ”Flo la pro d’la rando”, je m’était dis 22km, ouaif, en 4h, c’est fait!!

Erreurrrrrrr! Avec 3h pour trouver le début de la rando et sans savoir lire des cartes avec des milliards de route partout, ca rajoute un peu de temps a mes calculs!

Ah bin oui, parce que quand on se plante de route dans le trou du c**  du fin fond de l’Irlande, et qu’on croise personne avant 5km, bin ca prend 5km avant de se rendre compte qu’on s’est trompé! Et ça, c’est bien bête quand on a déja perdu 3h et qu’on doit arriver avant la nuit a sortir du parc national interdit aux campeurs!

Bref, après 10km de détour, on reprend la route (dans la bonne direction) et on marche, on marche, dégainant la carte au moindre ruisseau pour vérifier qu’on est sur la bonne route mais sans grand succès. On trourne en rond a chaque intersection en cherchant une personne au sens de l’orientation, apte a nous éclairer sur notre position actuelle et la direction a prendre. 

Et J’EN PEUX PLUS!!!!!
Ca fait si longtemps qu’on marche, j’ai 18kg sur le dos, il pleut des cordes. Marre marre et triple marre. Alors, j’ai tappé ma p’tite crise:

“J’en peux plus Flora, il faut que je dorme là, je ne peux plus rien faire, je ne peux plus avancer. Je ne fais pas 5minutes de plus, écoute, tu vas ou tu veux, moi je plante la tente et je dors là et tant pis si c’est interdit. J’en ai TROP marre là”. Mes jambes succombaient sous mon poids le poids du sac a dos, j’étais trempée et on venait de gravir Torc Mountain, la montagne infernale où les tempêtes sévissent, l’endroit où le soleil ne brille JAMAIS, le mont maudit!

Et j’ai sortit la tente que j’ai essayé de planter tant bien que mal sur un sol rocheux! “Oh et puis toute façon ça sert a rien ces sardines là, elle va pas s’envoler si on est dedans!” pensais-je.

Et Flora qui essayait, malgré la tempête de déplier la toile. Bon, évidemment, on a monté la tente a l’envers et sans sardines.

Mais pourquoi, oh pourquoi a-t-il fallu que je fasse mon caprice ici?! Bon, il est 18h, je vais me coucher!

Bilan J1: