Aussitôt la tente “montée”, disont plutôt assemblée tant bien que mal, je m’effondre sur mon tapis de sol, trempé par la pluie!

J’entends Flora, à côté de moi qui se demande ce qu’elle va bien pouvoir faire en attendant qu’une heure raisonnable pour dormir arrive, la pauvre, a 6h, nous étions bloquées dans la tente, la tempête sévissant a l’extérieur.

Une heure plus tard, j’ai rassemblé assez d’énergie pour tenter d’enfiler un semblant de pyjama, je glisse dans mon sac de couchage et me prépare a dormir comme une masse. Mais chaque minute qui passe, le vent souffle de plus en plus jusqu’a ce que d’immenses bourrasques vienent secouer la tente. Flora et moi échangeons des regards appeurés. J’ai si froid et j’annonce a Flora mon sentiment de mort prématurée.

“Flora, je pense que je vais mourir cette nuit!” A lire, c’est peut être risible, mais ça faisait trois bons quarts d’heures que mes dents claquaient, enveloppée dans mon sac de couchage et que j’apréhendais l’envolée de la toile de tente.

Alors c’etait pour ça les sardines! Tenir la toile de tente au sol en cas de tempête! Merde!

Flora se dévoue finalement pour aller faire une nouvelle tentative de plentage de sardines (eh! j’étais en train de mourir, c’étais la moindre des choses quand même! ^^)

Soudain, Flora, comme si nous vivions sur une île déserte depuis quelques décennies me crie
-”Claudia, Claudia, y’a des randonneurs!”.
Et là, une lueur s’est allumée dans mon coeur, l’espoir de la survie renaissait en moi comme une naufragée qui aperçevait un bateau.
-”Demande leurs ou ils vont!”
-”Ils retournent a Killarney”
-”Demande leur pour combien de temps on en a pour rejoindre Killarney”
-”2h”
-”2h?”

Quelqu’un peut-t-il m’expliquer comment ça se fait que nous, on a mis 5h pour arriver là?!

A ce moment là, Flora et moi avons entamé une longue periode de réflexion intense sur le devenir de notre rando… Congelée et immobilisée par le froid, la pluie et la tempête qui sévissait, j’ai posé mes conditions:
-”Flo, je veux bien me motiver pour retourner a Killarney tout de suite, mais je te préviens, si on rentre maintenant, demain je prends le premier train pour retourner a Dublin!”

Désespérée d’avoir fait le trajet France-Irlande pour une rando qui était sur le point de s’achever, Flo, la pro d’la rando, courageuse et vaillante me dit: 
-”Non Claudia, on VA y arriver! Tu PEUX le faire! Aller, on passe la nuit la et demain, on dort dans un lit confortable!”

Mais la nuit ne fut pas d’un grand repos! Les heures s’écoulaient si lentement et nous n’avions qu’une hate, que la pluie s’arrête de tomber sur la tente pour qu’enfin, nous puissions fermer l’oeil.

Vers deux heures du matin, mon corps ayant brulé environ cinq cent milles calories pour me réchauffer, se manifesta pour recharger son stock… Mon estomac crait famine!
-”Flo, tu dors?
- Bien sur que non!!
- T’as faim?
- Oh ouaiiiii!”
Et c’est ainsi que le pic-nic nuptial commenca… Gâteaux et fruits secs a gogo, festin!

Lorsque notre espoir de voir la pluie s’arreter s’était envolé, nous attendions désesperement le lever du soleil pour plier bagage…

 

Le Plan: Dès le lever du soleil, on plie bagage et on retourne a Killarney. De là, nous prendrons un bus qui nous fera ratrapper le retard perdu par nos mésaventures!

Bilan N1: