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Arrivées vers 17h, nous avons accaparé le feu de bois.
Les randoneurs arrivèrent un à un, jusqu’à ce qu’une trentaine de personnes et de paires de chaussures se retrouvent agglutinées autour de la cheminée.
Le processus de sociabilisation enclenché, nous nous sommes fait des amies belges et un pote hollandais avec qui le partage des spagettis fut un délice! Partage d’expériences et échange furtif de bribes de nos vies jusqu’à ce que notre corps nous rappelle à l’ordre – Il nous FAUT du sommeil!
Nous nous glissons dans notre lit apres une soirée parfaite en se disant que, ayant payé pour tout ce qui nous était arrivé, cette nuit allait être un régal.
Mais un allemande en manque d’ami s’introduisit dans notre chambre:
-”Hi, are you French
- Yeah, répond Flo, à moitié somnolante
- Oh, that’s great, I’ve been to France a few times, to visit Paris, and Bordeaux, and …
And what have you done in Ireland? Because me, I’m traveling with my parents around Ireland since 2 weeks, and we’ve seen the bay of Dingle and waterville, and………… Have you seen the bay of Dingle?
- et Flo, compatissante répond “heu, no, but heu, we are very tired so heu”
- et l’infatiguable allemande repris de plus belle: “What? You haven’t seen the bay of Dingle! But you have to go!”
-”heu, yes but, we don’t have time because we are leaving tomorrow”
-”oh noooo, but you HAVE to go! It’s only 10km away!
ahah, elle sait combien de temps ca prend pour marcher 10Km “mademoiselle german Mercedes girl”? Non mais je rêve. Bon, je commence a tourner en rond dans mon lit, elle commence à souler celle là à nous faire la convers’!
-”Oh, and have you seen the house of Muckross house? Because, it’s a house that was built in 1625 and you know that the queen of England came to sleep in this house in 1768, so she asked the people to do a room with curtains on the bed, just for her! And she made all her furniture come to the house just for that night! So there is a cupboard in the room that …….. et elle ne s’arrêtait jamais! C’est alors qu’un immense rire nerveux monta en moi, j’essayais de le contenir en simulant une toux, mais le son qui sortait résultait comme un espèce d’étouffement hystérique. Je n’en pouvais plus, cette fois c’était trop!
Et la vaillante Flora, toujours dévouée et généreuse essayait de lancer des messages de notre envie de dormir, qui restaient incompris par “Miss I’ch been sans amis”.
Finalement, après une bonne heure de monologue, German girl s’est résolue à nous quitter pour rejoindre ses parents…
Fiouffff, enfin, nous “pûmes” nous endormir…
Bilan N5:
Comme si la nuit n’avait pas suffit à nous achever, la pluie avait décidé de s’en charger. Toute la journée, nous avons marché sous une trombe d’eau, dégoulinant dans mon imper’, pas imper’ du tout!
Mais avant de se retrouver coincées sous la pluie, nous avons décidé de faire un petit bout de chemin en voiture. Pensant que la météo ferait pitié aux conducteurs nous tendons notre pouce, le rétractant à chaque camion qui passe (eh, on est quand même prudentes!).
Une heure plus tard, un petit papy en R5 s’arrête et en bon gentleman et malgré la pluie, descend de sa voiture pour nous ouvrir le coffre et les portières. Tout le trajet durant, nous découvrons la triste vie de ce petit monsieur qui se construit une maison ici, en essayant de convaincre sa femme de l’y rejoindre alors que celle ci ne veux pas quitter ses amis british de l’autre coté de la mer d’Irlande.
Et c’est sous la flotte que nous découvrons la montagne irlandaise…
Après une journée épuisante et de nombreuses nuits sans sommeil, nous n’avions qu’une hâte, apercevoir l’auberge de jeunesse dans laquelle nous avions prévu de passer la nuit.
Tout à coup, le pied de Flo, la pro de la rando, se paralysa. Envers et contre tout, elle monta malgré la douleur et l’épuisement jusqu’à l’auberge, où nous avons su trouver le réconfort et la nuit que nous avions espéré jusque là…
Bilan J5:
Un peu déçues de ne pas passer la nuit dans le palace de Madame tulipe, nous nous réconfortons par l’idée de passer une bonne nuit au chaud, dans un lit, et de pouvoir prendre une DOUCHE!
Après s’être lavées convenablement, nous décidons de faire un petit tour afin de découvrir la fameuse ville qu’est Kenmare. Les magasins de sont pas encore fermés, nous en profitons pour faire un stock culinaire. Ce soir, ce ne sera pas Pringles et fruits secs, mais Omelette et fruits frais!!
Epuisées, nous nous engoufrons dans notre matelat, en imaginant que nous sommes chez la jolie cruelle bourgeoise!
Mais vers deux heures du matin, la porte de notre chambre s’ouvre et une odeur intenable envahit nos narines.
- “Oulala, il a bien bu et bien fumé celui là!” pensais-je.
Située dans le lit inférieur du lit superposé, j’apperçois seulement son jean et ses baskets, qu’il s’empresse de retirer pour s’affaler sur le lit voisin au mien.
-”Oulala, il pue des pieds quand même! … Mais, c’est bizarre, il ne se met pas dans ses couvertures? Il doit être vraiment très fatigué! Ouahhhhh, il sent vraiment TRES mauvais, c’est intenable – bon, je vais me tourner du coté du mur!”
Et puis Flora me dit “Claudia, j’suis pas très rassurée là!”, mais bon, il est deux heures du mat’, on ne peux pas faire grand chose! “Mais non, t’inquiète pas Flo!”
J’essaye d’inspirer le peu d’air encore respirable sous ma couette avant de me résoudre à sortir la tête. Mais c’est pas possible de sentir comme ca?!
Et là, un grommèlement étrange se fait entendre en provenance de mon voisin. De par sa voix et son haleine, je perçois que ce cher jeune homme est en réalité un clochard, venu s’abriter pour la nuit. Ahhhh, l’odeur s’explique! Ah, et ce pack de bière qu’il a déposé entre son lit et le mien, c’est donc pour ça!
- “Heyyyyyyyyyyyyyyyy, Folks” ….. “Folks” crie le vieillard.
Mon coeur va sortir de ma poitrine, je reste immobile et me concentre sur ma respiration, pour que ma peur ne se présente pas. Faire semblant de dormir – ne pas bouger – Je pense à mon appareil photo et à mon portefeuille, situés entre son lit et le mien. J’ai peur, j’ai si peur et je regrette de ne pas me trouver dans la tente miracle au milieu d’un champ de vache sous la tempête.
Je l’entend qui bouge – il vérifie que son pack de bière est encore la. Je pense à mon déodorant aérosol, sensé nous protéger en cas d’agression qui se trouve à l’autre bout de la pièce. Je pense à ma maman… et je respire.
Il se penche et attrape la toile de tente que j’avais étendue entre son lit et le mien pour sécher et la glisse sur lui.
Oh nonononon, je ne peux pas lui laisser la tente! Et là, je l’ai imaginé vomir sur ma toile de tente. Me voyant déjà nettoyer la substance de ma tente, j’ai opté pour l’intervention.
Je tapotte son épaule et la voix chevrottante:
-”Hey, you can’t take that, it’s our tent
- What?!
- You can’t take that, it’s our tent
- Your tent?
- Yes.
- Ah.
Et voyant son air déconfit et désespéré, je lui ai dit de prendre la couverture qu’il avait sous lui. Le pauvre m’a fait trop de peine lorsqu’il m’a ensuite expliqué qu’il était désolé, qu’il ne savait pas où dormir et qu’il avait pensé qu’il pouvait venir là. Alors je l’ai réconforté et j’ai tenté de fermer l’oeil, rassurée de l’issue de cette histoire. Sa lèvre était ensenglantée et il puait tellement!
En l’entendant ronfler, j’ai transféré toutes nos affaires de valeur à Flo, qui, elle non plus, n’arrivait pas à fermer l’oeil.
Le lendemain, n’ayant pas dormi, nous avons maudit Mme Tulipe! Mortes de rires, nous sommes sorties de l’auberge et avons informé le propriétaire qui nous a quand même fait payeer la nuit avec pour seule compensation un “sorry for the inconvenience”.
Bon, encore une nuit de folie!
Bilan N4:


















